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Real Madrid "scalpé" par Alcorcon (3e division) : crise galactique comme en 2006?

MADRID, mercredi 28 octobre 2009 (LatinReporters.com) - Al... quoi? Alcorcon, banlieue-dortoir industrielle de 167.000 habitants. Les Maures, lorsqu'ils colonisèrent les Ibères, appelèrent l'endroit Al-Qadir. Cela signifierait la colline, d'où l'on guettait les alentours. Rien à voir avec Al-Qaïda, quoique pour les footballeurs du Real Madrid l'endroit est désormais funeste. Sur le score de 4-0, ils y ont laissé leur "scalp" suggère le journal sportif Marca.

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 Vidéo des buts de l'A.D. Alcorcon
A l'éventuelle exception de "Vergüenza" (Honte) et du "¡Vete ya!" (Va-t'en maintenant!) adressé à l'entraîneur Pellegrini, pas besoin d'être hispanophone pour comprendre les réactions de la presse sportive espagnole à la débâcle du Real Madrid.
Du haut de la colline, l'Agrupacion Deportiva Alcorcon et ses amateurs de 2e B, l'équivalent d'une 3e division, ont eu le temps de voir venir de la capitale, 13 km plus au nord, le Real Madrid et ses galactiques. Surnommés ainsi pour leur art du ballon ne pouvant relever que d'une autre galaxie, les Madrilènes ont avalé un tout aussi galactique 4-0, servi cru mardi soir au premier tour de la Coupe d'Espagne, cette Coupe du Roi dite autrefois Coupe du Generalisimo (Franco).

L'Espagne, incrédule, ne parle que de l'"humiliation", jusqu'au "ridicule", des stars du club le plus riche et le plus titré de la planète, déjà pratiquement éliminé de la coupe. Pour y survivre, il devrait réaliser un sensationnel 5-0 au match retour, le 10 novembre. L'affaire fait la une de l'information écrite, audio-visuelle et digitale. Zapatero, Obama et Sarkozy sont éclipsés.

Ils préféreraient l'être aussi, les Raul, Guti, Diarra, Benzema, Van Nistelrooy et Cie, écrasés par une poignée d'étudiants, d'employés et d'ouvriers vêtus de jaune et courant comme des lièvres sur la pelouse. En maillot blanc frappé d'une couronne désormais moins royale, les célébrités mondiales du foot-business ont été ridiculisées par des inconnus -qui ne le sont déjà plus- nommés Borja Perez, Ernesto Gomez, Juanma, etc. Quasi une révolution cubano-bolivarienne du ballon rond.

Il est vrai que ni le brésilien Kaka ni le Portugais Cristiano Ronaldo, blessé, n'étaient alignés. De quoi donner raison au journal sportif qui titrait après une autre défaite du Real Madrid "Sin Cristiano no hay paraiso" (Sans Cristiano, pas de paradis). Un titre-verdict inspiré de la pulpeuse série télévisée de TeleCinco "Sin tetas no hay paraiso" (Sans nichons, pas de paradis).

Il n'empêche. Neuf internationaux du Real, espagnols ou étrangers, ont joué mardi. Ils reflétaient suffisamment en principe la puissance du Real Madrid, dont le budget annuel est 300 fois supérieur au 1,2 million d'euros du modeste A.D. Alcorcon.. A eux seuls, Ronaldo et Kaka coûtent ensemble au club présidé par Florentino Perez 22 millions d'euros par saison, outre les 159 millions déboursés en juin pour leur transfert.

Au cours de ses trois dernières rencontres, le Real Madrid a glané un match nul et deux défaites. "Cela commence à trop ressembler à l'autre fois" note à la une, sous le gros titre "Honte" (Vergüenza), le quotidien As. Revenu au printemps dernier à la présidence du club qu'il avait déserté en février 2006 vu l'échec de sa formule de galactiques surpayés (à l'époque, Figo, Zidane et Beckham), le milliardaire Florentino Perez, manitou du BTP espagnol et international, ressert effectivement aujourd'hui le même plat, cuisiné moins pour le sport que pour rentabiliser financièrement l'image de stars.

On en retire logiquement la même impression qu'en 2006, à savoir qu'arriver au club de légende qu'est le Real Madrid, neuf fois vainqueur de la Coupe d'Europe des champions, ainsi que de 30 championnats et 17 coupes d'Espagne, transformerait les galactiques en retraités d'exception jugeant, de par leur seule appartenance au Real, n'avoir plus rien à prouver et ne prouvant effectivement plus rien.

En quittant le stade Santo Domingo d'Alcorcon, dont les gradins faits pour 3.000 personnes accueillaient mardi soir près de dix mille supporters, le capitaine du Real, Raul, a admis qu'"ils nous ont donné une leçon d'humilité". Le directeur général du club madrilène, l'Argentin Valdano, a pour sa part demandé "pardon au madridisme" (sic). "Je m'en vais d'Alcorcon avec beaucoup de honte" a murmuré Pellegrini, l'entraîneur chilien des vaincus. La presse croit que Papa Noël lui offrira son limogeage. "Va-t'en maintenant!" (¡Vete ya!) lui lance à la une, à côté de sa photo, le quotidien Marca.

"Humiliant" reconnaissait à son tour mercredi le président Florentino Perez. Il recommande "tranquillité" et "patience" à un moment où "notre projet n'est pas encore à la hauteur que nous souhaitons".

Mais moins qu'à la crise du Real Madrid, c'est au mérite des footballeurs de l'A.D. Alcorcon que la presse attribue le 4-0 de mardi soir. "L'United, le Barça, le Chelsea, la Juve, l'Inter ou n'importe quelle équipe auraient subi la défaite hier au stade Santo Domingo" écrivait mercredi Marca. Il qualifie de "héros" des "footballeurs qui ne gagnent pas de quoi prendre leur retraite à 30 ans, à qui souvent jouer au football coûte de l'argent, qui ne signent pas d'autographes, ne donnent pas de conférences de presse, n'ont pas de glamour et ne sont pas entourés de femmes".

"Cela réjouit ceux qui ont encore un brin de romantisme" estime sur son blog un autre chroniqueur de Marca, Fernando Carreño. Illustrant son romantisme néanmoins particulier pour glorifier l'A.D. Alcorcon, il ajoute: "Parfois les oiseaux se transforment en Stukas. Parfois les Indiens ornent leur tipi de scalps de la cavalerie. Parfois les lavandières s'assoient sur le trône royal".

A Alcorcon, cité satellite mais autonome grossie depuis dix ans d'immigrés d'Amérique latine, du Maghreb et d'Europe de l'Est, la fête n'en finit pas. Interrogé dans la rue par Tele Madrid sur son état d'âme au lendemain du match, un couple de retraités a crié au micro "Alcorcooooooon !" Même la page Wikipedia dédiée à la ville mentionne déjà l'exploit des jaunes de l'Agrupacion Deportiva.


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MADRID, mardi 10 novembre 2009 (LatinReporters.com) - Vainqueur deux semaines plus tôt au match aller sur le score surprenant de 4-0 (article ci-contre), le modeste A.D. Alcorcon, équipe de 2e B (l'équivalent d'une 3e division), a éliminé mardi soir de la Coupe d'Espagne le légendaire Real Madrid.

Lors du match retour joué dans sa cathédrale, le stade Santiago Bernabeu empli à ras bord de 80.000 aficionados, le Real Madrid ne l'a en effet emporté que par 1-0. Le club le plus titré de la planète est donc éjecté de la Coupe d'Espagne dès le premier tour. Mardi soir, il alignait pourtant ses "galactiques" Kaka, Van Nistelrooy, Diarra, Raul et Higuain, mais non Cristiano Ronaldo, pas encore guéri de sa dernière blessure.

Le public madrilène à sifflé à maintes reprises sa propre équipe, copieusement huée à la fin de la rencontre. Pendant le match, l'entraîneur du Real, le Chilien Manuel Pellegrini, a essuyé le cri "Pellegrini démission" sorti de l'ensemble des gradins.

Les supporteurs du Real Madrid ont par contre encouragé avec des "Olé, Olé" plusieurs phases de jeu de l'A.D. Alcorcon. Le stade entier a offert au modeste mais désormais glorieux tombeur du Real une ovation finale.
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